Deschamps, adieu des Bleus : place à Zinédine Zidane
C’est une fin qui aura été annoncée un an avant, puis oubliée un mois avant, puis vécue en 90 minutes sous les projecteurs de Miami Gardens. Didier Deschamps a dirigé son dernier match à la tête de l’équipe de France samedi 18 juillet, une défaite 6-4 contre l’Angleterre en petite finale du Mondial 2026, jouée au Hard Rock Stadium. Après 14 ans de règne, il passe la main. Zinédine Zidane est le successeur naturel — la Fédération française de football maintient une prudence de communication, mais tout, en France, dit son nom. Ma chronique posée, verdicts notés sur 10 en fin de sections.
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Une sortie qui ressemble à ses années
Deschamps quitte les Bleus comme la plupart de ses prédécesseurs — sur une défaite. En trois Coupes du Monde consécutives (2018, 2022, 2026), il a signé un titre, une finale et une demie ; il a bâti une constance que peu de sélectionneurs ont dans l’histoire, en France comme ailleurs. Ce Mondial 2026 le confirme jusqu’à la SF (défaite 2-0 contre l’Espagne le 14 juillet, à Arlington, dans la région de Dallas) et se termine sur ce match pour la 3e place, un 6-4 contre l’Angleterre aussi spectaculaire qu’amer pour le camp français. À travers l’écran, on a vu un homme qui digère, qui remercie, qui laisse la place. Note bilan sportif : 8/10.
Ce que le règne Deschamps aura été
Trois lignes de bilan, sans emphase :
- Un titre mondial (2018), deux finales (2018, 2022), une demi-finale (2026) — trois demi-finales consécutives, un accomplissement rare dans l’histoire moderne du football international.
- La longévité — 14 ans à la tête d’une sélection majeure, avec des cycles générationnels bien gérés (Griezmann, Pogba, Mbappé, Dembélé, Camavinga, Koundé).
- Un style souvent débattu — une culture du résultat plus que du panache, un football pragmatique, une gestion de vestiaire qui a divisé les commentateurs mais qui a produit des lignes de résultat.
Il faut être honnête sur les zones grises : la petite finale 2026 s’est jouée dans une défense poreuse, avec 10 buts au total, la plus grande somme de buts dans un match de Coupe du Monde depuis 1982. Un adieu spectaculaire, oui, mais pas serein. Note globale sur 14 ans : 8,5/10.
Zidane — ce qu’il va hériter, ce qu’il va devoir décider
Zinédine Zidane hérite d’une équipe qui finit 4e au Mondial, avec Mbappé (10 buts, Soulier d’or, Ballon de bronze, nouveau record all-time de buts en Coupe du Monde à 22), Dembélé, Camavinga, Koundé, un noyau qui n’a pas encore atteint le pic collectif de 2018 mais qui n’est pas non plus en fin de cycle. Sa première décision publique tournera autour du poste de gardien (Maignan, Areola), de l’organisation défensive et de la relation « leader-vestiaire » avec Kylian Mbappé — parce qu’entre 2022 et 2026, cette relation-là a beaucoup fait bouger la France.
Il devra également composer avec le calendrier : l’Euro 2028 en Grande-Bretagne et Irlande, l’objectif court, puis la qualification à la Coupe du Monde 2030, l’objectif long. Deux tournois pour valider ou non le pari « Zizou sélectionneur ». Ma note d’anticipation Zidane : 7,5/10 — trop tôt pour trancher, mais l’ADN offensif du personnage et son aura de vestiaire jouent en sa faveur.
Ce que le marché va vouloir voir
Chez les opérateurs, la mécanique va se remettre en place autour de trois marchés qui vont vite renaître : le vainqueur de l’Euro 2028, le premier adversaire des Bleus version Zidane (probablement un match de préparation en septembre 2026), et le buteur vedette des matchs de qualification. Je ne joue pas ces marchés avant d’avoir vu deux compositions officielles de Zidane ; je vous le déconseille aussi. Ce qui compte, dans les premiers mois, c’est de lire le message tactique et pas la superstition.
- Fin de règne : Deschamps quitte les Bleus après 14 ans, un titre mondial (2018), deux finales (2018, 2022), une demie (2026).
- Dernier match : Angleterre 6-4 France (petite finale, Miami, 18 juillet) — 10 buts, la plus grande somme dans une rencontre de Coupe du Monde depuis 1982.
- Successeur : Zinédine Zidane, présenté comme le successeur naturel — annonce officielle attendue selon plusieurs sources françaises.
- Prochain gros rendez-vous : Euro 2028 (Grande-Bretagne–Irlande), puis qualifications au Mondial 2030.
Angle luxembourgeois
Un mot pour nos lecteurs qui suivaient les Bleus depuis le Grand-Duché : la petite finale (Angleterre-France) a été jouée à 17h00 heure de l’Est à Miami Gardens, soit 23h00 chez nous, en soirée du 18 juillet. Une fin de soirée intense entre le récital individuel de Mbappé et la déception collective. C’est aussi le dernier match d’une génération française qu’on suivait de très près à Luxembourg, entre voisins francophones et culture de foot mixte. La suite se jouera avec un autre visage sur le banc — un visage que le public de Bettembourg comme celui de Belair connaît bien depuis les nuits blanches de 1998 et 2006.
Mon verdict de chroniqueur
Je ne suis pas de ceux qui font l’éloge post-mortem d’un règne qu’on a longtemps discuté. Deschamps a été le sélectionneur français le plus efficient de la période moderne, mesuré au titre + finales + demi-finales. On peut regretter le style, on ne peut pas regretter le bilan. Zidane arrive avec une pression plus lourde qu’on ne l’imagine : succéder à un homme qui a une étoile de plus, avec une génération Mbappé qui touche à la trentaine dans quatre ans, et une concurrence européenne (Espagne, Angleterre, Allemagne) qui remonte. Ma note sur le pari FFF « Zidane sélectionneur » : 7/10. Note révisée dans un an, après deux fenêtres internationales.
Prolongez avec mon verdict à chaud sur l’Espagne championne du monde, mon portrait de Mbappé et de son record all-time de buts, la fiche complète de la sélection France sur ce Mondial, et les résultats du Mondial.
Créé par la rédaction de « Footmondiallu ».
